Texte de Claudie Simard
Le racisme devient de plus en plus important au Québec depuis quelques temps, du moins, c’est ce que les médias nous laissent croire! Mais qu’en est-il de la véritable signification du mot lui-même ?
Si l’on se donne la peine de lire l’article 1.1 de la Charte des droits et libertés du Québec, on peut y voir que la discrimination en fonction de la race est illégale au Québec. On y parle bien évidemment des 12 autres motifs de discrimination reconnus par la Charte dont l’origine ethnique ou nationale, la couleur, la religion, etc. Mais quelle est la différence entre couleur, origine ethnique ou race ?
L’origine ethnique pourrait être traduite par l’expression origine culturelle. C’est une question d’identité. On dit d’une ethnie qu’elle est une collectivité partageant des similitudes culturelles et linguistiques. Nul dictionnaire ne mentionne des propriétés physiques. Si votre père est italien, votre mère japonaise et que vous avez grandit au Québec mais parlez italien à la maison et accordez une grande place dans votre vie à cette culture alors que vous ne connaissez rien au Japonais, il est possible que vous vous définissiez autant comme un Québécois qu’Italien. C’est vraiment une question de culture, de connaissance de cette culture et de sentiment d’appartenance à cette dite culture.
L’origine nationale quant à elle fait référence à la citoyenneté de la personne : le passeport. Au Canada, on permet la double citoyenneté. Mais ce n’est pas le cas partout ailleurs. En Irak ou aux États-Unis, si une personne désire la citoyenneté, elle doit renier sa citoyenneté d’origine.
La couleur maintenant… évidemment la couleur de la peau. Mais combien y en a-t-il ? Il n’y a qu’une seule réponse : le brun, mais à différentes nuances. Aucun être humain ne possède une couleur de peau pareille à un autre, au même principe que les empreintes digitales qui sont uniques. Chez tous les êtres humains, c’est la mélanine qui défini la couleur de la peau.
Mais alors, qu’est-ce que la race si ce n’est pas en lien avec notre pays d’origine, notre culture ou notre couleur de peau ? Combien y a-t-il de race humaine sur la planète ?
C’est en 2001 que le génome humain à été complété et que les scientifiques ont découvert que le code génétique de tous les êtres humains était identique à 99.9%. Suite à toutes ces découvertes, il a été établi qu’il était impossible de définir un concept de race en se basant sur le code génétique. Et le 0.1% de différence me direz-vous ? La couleur de cheveux, les yeux, les maladies génétiques etc. C’est ce 0.1% qui fait la beauté de l’être humain : le fait que chacun est unique dans sa diffrence.
Le concept de race est donc un mythe, une mauvaise utilisation du langage qui a servi a plusieurs sanguinaires tel qu’Hitler afin d’effectuer un génocide et de tuer impunément près de 10 millions de personnes, dont 6 millions de juifs.
La race est encore inscrite dans la Charte parce qu’il existe encore des gens incultes pris par leur peur de la différence qui pensent qu’il existe plusieurs races d’humains, donc des supérieurs et des inférieurs. Des « pur laine » et les autres.
Les 6 génocides reconnus par l’ONU ont tous en commun une chose : ils ont commencé par des préjugés, qui ont grandit par de la propagande haineuse, qui ont mis dans la tête des gens de la population qu’il y avait un ennemi intérieur à anéantir, à discriminer, à mettre appart de la société pour finalement le déshumaniser, et l’exterminer.
Alors qu’est-ce qu’on fait de nos préjugés maintenant, pour éviter une telle catastrophe haineuse? Commençons par être critique face aux médias, aux rumeurs, à ce qu’on ne connaît pas. Commençons par ne pas généraliser à partir d’une expérience. Commençons par vaincre notre peur de l’autre et aller à sa rencontre pour se défaire de nos préjugés, et s’enrichir de sa culture, parce qu’avoir peur, ça ne sert à rien.
Claudie Simard - Animatrice pour la Fondation de la Tolérance
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