Texte par Mireille Hajjar

On parle de l’importance de l’immigration dans notre société comme un attribut essentiel qui contribue à l’évolution de notre peuple. Il n’est certainement pas faux de dire que l’immigration joue depuis bien longtemps un rôle qui a permis au Québec de devenir ce qu’il est maintenant. Comme c’est beau l’ouverture d’esprit, le multiculturalisme et la diversité. Mais, jusqu’à quel point pourra-t-on accepter certaines choses? On ne parle pas ici d’accommodements raisonnables, les médias en font bien assez! On parlera d’une question d’intégration importante et primordiale qui semble depuis toujours avoir des hauts et des bas : la langue française.

Oui, notre province est bilingue, mais majoritairement francophone. La densité de population se concentre évidemment dans la grande région de Montréal et ses alentours, c’est-à-dire la Rive-Nord et la Rive-Sud. Les gens de notre génération ont la plupart d’entre eux appris l’anglais à l’école (ou le français dans le cas des anglophones). Pourtant, quand on débarque à Montréal, on entend beaucoup parler en anglais, ce qui est tout à fait normal. Mais est-ce normal de se faire servir en anglais dans certaines boutiques, restaurants ou établissements assujettis à recevoir de la clientèle francophone? On ne parle pas ici des québécois anglophones, mais de gens qui ont immigrés ici, et qui malheureusement ne parlent pas un mot français. Ces gens ont par contre un boulot et sont même propriétaires de leur commerce, mais ni eux ni leurs employés ne parlent français.

Du point de vue de l’immigrant

Jusqu’à quel niveau une personne peut s’intégrer? Elle est intégrée dans la société car elle contribue à l’économie, elle travaille et ne fait pas simplement profiter de l’aide sociale, comme plusieurs personnes vont faire. Mais, le refus d’apprendre le français ne signifie donc pas un refus d’intégration à titre d’un individu faisant maintenant partie d’un nouveau peuple?

C’est certainement un sujet délicat. Il peut parfois être frustrant d’aller à certains endroits, surtout dans des restaurants, et de voir que les gens ne sont pas capable de vous servir en français. Sont-ils intégrés? Ils parlent pourtant anglais et ont une vie active dans la société? A-t-on le droit de se frustrer après ces gens pour une question linguistique? Si on les compare aux québécois de souche qui sont sur l’aide sociale justement depuis des années sans trop faire des efforts et profiter du système, on pourra juger qu’il faut peut être accepter que ces gens, les immigrants qui ne parlent qu’anglais, font un effort et qu’il n’est pas toujours facile pour tout le monde d’apprendre une nouvelle langue, qu’il faut du temps et de la patience.

Du point de vue de la société

Une chose que l’on peut attribuer à notre province, c’est les ressources disponibles aux nouveaux arrivants. Il y a un tat d’organismes qui sont dévouées à aider les immigrants à s’intégrer en leur offrant de multiples programmes, dont des cours de francisation, qui sont bien souvent gratuits. Donc, un immigrant a tout pour s’intégrer, au moins du point de vue linguistique. Si il n’a pas le temps de prendre des cours de français pour des raisons quelquonques, écouter la télévision, lire les journaux, socialiser, ou même apprendre grâce à leurs enfants, sont tous des moyens qui vont au moins amener une base intéressante et un premier pas vers la découverte d’une nouvelle langue. Le Québec a beau accepter ces gens, mais si ces gens ne contribuent pas à la préservation d’un patrimoine, cela peut changer le destin d’un peuple qui se bat depuis tant d’années à être reconnu et qui veut croître selon ces convictions, et non selon les choix des autres.

En somme, il y a des pours et des contres dans la réalité d’une intégration. La solution n’est qu’une question d’équilibre. Il faut aider les parents immigrants à comprendre cette nouvelle société dans laquelle ils sont, et cette réalité implique l’apprentissage du français. Ce sont eux qui donnent l’exemple à leurs enfants, et en démontrant un tel effort, cela ne fera qu’encourager les enfants à avoir d’avantage envie de connaître cette nouvelle culture dans laquelle ils se retrouvent. Apprendre le français est aussi le meilleur moyen de briser l’isolement que vont vivre beaucoup d’immigrants. De notre part, il faut promouvoir la différence et l’acceptation d’autrui comme étant un être pareil comme nous, simplement différent dans certains aspects dont on ne doit pas s’acharner à comprendre, abolir ou juger.

L’intégration, comme tout, se fait dans les deux sens. Il faut savoir intégrer pour s’attendre à ce qu’on s’intègre.