04 Dec
Posted by: Mireille in: Nouvelles locales
À ne pas confondre avec la populaire émission de télé jeunesse « Dans une galaxie près de chez vous », le jeu de simulation « Sur une planète » vise par contre le mème public, et mème les plus vieux. Non, il n’y a pas de console supersonique avec de nouvelles manettes technologiques de visualisation en 3 dimensions.
Seulement 7 animateurs qui serviront à aider les jeunes dans leurs démarches, une mappe monde geante et des accessoires du genre «Monopoly», complêtement faits de matériaux recyclés sont à la disposition des 70 jeunes nécessaires au début de la partie. Le but du jeu? Contrôler le monde, avec tous les avantages et problèmes qui l’habitent, pendant 1h30 soit 30 années en années «sur une planête». «Et rappelez vous bien qu’il n’y a pas de règles, seulement des conséquences», lance Lori Palano, conceptrice et animatrice du jeu, avant de siffler le coup d’envoi du début de la partie. Mais qu’est-ce que nos jeunes ont fait avec le monde pendant 1h30?
Il faut d’abord expliquer que cette activité qui se déroule dans les gymnases de nos écoles secondaires québécoises, est un atelier chapeauté par le Club 2/3, organisme d’éducation et de coopération international, reconnu pour sa populaire “Marche 2/3″, évènement de solidarité internationale qui rassemble des milliers de marcheurs chaque année en mai. Les écoles doivent donc faire la demande de l’atelier directement au Club (avec les frais reliés évidemment), qui lui envoie 7 de ses 13 animateurs, dont je fais partie. C’est de cette façon que je me suis retrouvée à animer le jeu pour la première fois la semaine dernière.
La map monde géante déroulée dans le gymnase, les jeunes reçoivent au hasard un écusson qui les place sur une des neuf réions géopolitiques du monde; chaque personne représente 100 millions d’habitants, ce qui fait que 4 personnes chanceuses sont bien étendues sur le continent nord-américain alors que 10 autres s’entassent en Chine et une autre dizaine complètement coincée dans le sous-continent indien. Et non mes amis, on ne choisit pas ou on naît! Chaque région a une fiche d’information qui explique les problématiques auxquelles elle est sujette (surpopulation, famine, manque de travail, pollution, entreprises multinationales qui créent des emplois mais dévorent les profits, etc.) Au cours de la partie, les jeunes tentent de trouver des solutions, qui doivent être approuvées par des animateurs «Gaïa» (nom que se donnent tous les animateurs). Il y a un leader pour chaque région et il y a 3 personnes qui incarnent des multinationales et devront donc négocier avec les autres joueurs; tous sont déterminés au début du jeu de façon spontanée et presque aléatoire.
La beauté de la chose? Les jeunes sont hiérarchisés et victimes d’injustice entre eux et doivent apprendre à vivre ainsi, les uns avec les autres, avec des préoccupations et des valeurs différentes. Pendant que l’Afrique envoie des messages de détresse et tente de pourparler avec l’Amérique du Nord pour avoir de l’aide, les leaders et multinationales prennent tous leurs profits pour acheter des «luxes», représentés par des dollars en chocolat. Certains ne sont même pas au courant de l’existence de ces luxes alors que d’autres, ne vivent que pour ceux-ci. Comme dans le vrai monde…
Les jeunes gèrent leurs énergies (charbon, éolienne, solaire, pétrole), commerces, fermes, budget et problèmes sociaux pendant 1h30, alors qu’à chaque question l’animateur répond : est-ce que ça se passe ainsi dans le vrai monde? Est-ce que c’est une solution plausible et réalisable dans le vrai monde? Vivre pendant une heure trente la réalité de l’Afrique qui n’a pas de ressources en voyant ses copains en Europe se la couler douce fait partie d’un apprentissage par expérience ressentie, bien sûr. C’est la première étape de conscientisation.
Vient par la suite la découverte des causes profondes d’un problème social : si un pays a un problème important de personnes sans-abri et que les jeunes me proposent de construire un abri gigantesque pour tous les abriter, je leur réponds : mais pourquoi sont-ils dans la rue? Parce qu’ils n’ont pas de travail, me répondent-ils. Pourquoi n’ont-ils pas de travail? Parce qu’ils ne sont peut-être pas éduqués…. Alors est-ce que construire un abri solutionne la base du problème? Non…mais peut-être qu’on peut prendre une partie du budget pour mettre l’école gratuite pour tout le monde! La lueur qui s’allume alors dans leur regard me rappelle pourquoi je fais ce que je fais. Afin de régler un problème, il faut essayer de le comprendre, de le vivre et non trouver une solution temporaire qui s’y applique.
Dans ce jeu créé au Manitoba dans les années 90 par une gang d’écolos allumés à la maîtrise, tout est représentatif de la réalité actuellement dans le monde. Le nombre de personnes qui n’ont pas d’écusson de nourriture au départ = 8, pour 800 millions de personnes qui n’assouvissent pas ce besoin essentiel. On voit aussi ceux qui n’ont pas d’écusson de santé, faisant référence à l’eau potable, pour avoir une image globale mondiale réelle. Une image vaut mille mots, c’est la raison pour laquelle à la fin du jeu, on demande à ceux qui n’ont pas l’écusson de la santé de se lever, à ceux qui n’ont pas la nourriture…c’est ainsi que tous les jeunes voient globalement la situation du monde réduit à leur gymnase mais représentatif de la réalité qu’ils ont créé de par leurs solutions et leurs efforts. Parfois la pauvreté est amplifiée, parfois ils font des guerres nucléaires, parfois l’Amérique Latine, avec son leader charismatique et altruiste, réussit à convaincre tout le monde de se mettre ensemble pour aider les populations dans le besoin. Chaque fois l’atelier crée un monde différent, mais ce qui demeure constant, c’est l’émotion d’impuissance ou de puissance ressentie par ces jeunes, leurs efforts pour changer les choses, la lumière qui s’allume dans leurs yeux à la fin du jeu. Une conscientisation.
Lors du retour du jeu, on demande aux jeunes comment ils se sont sentis, s’ils sont fiers du monde qu’ils ont créé, s’il y a des choses qu’ils peuvent faire pour améliorer les conditions du monde. Le problème récurrent voyez-vous, chez les jeunes et les moins jeunes, c’est que le lien entre les problèmes mondiaux et les solutions concrètes d’ici est inexistant. Les gens ne comprennent pas encore que c’est en faisant attention ici qu’on a un impact là -bas : en réduisant notre consommation, en réutilisant nos sacs, et recyclant tout ce qu’on peut. En ne gaspillant pas l’eau du robinet, en achetant moins d’emballages individuels, en choisissant où on achète, parce que notre valeur première n’est pas seulement l’argent.
Nous ne sommes pas des compagnies qui ne veulent que le profit; nous sommes des êtres humains avec des valeurs et une conscience humaine : l’amour et l’empathie, chose que les compagnies n’ont pas. Parce que même si c’est moins cher chez Walt-Mart, je suis une personne et donc choisi que les conditions pour acheter moins cher ne me conviennent pas, or donc, j’agis en conséquence et achète ailleurs. C’est ma façon à moi de changer le monde pour vrai. Ça et les animations dans les écoles de « Sur Une Planète près de chez nous », qui m’apprennent comment les jeunes voient le monde, comment ils l’ont changé pendant une heure et demi, et comment ils vont continuer de le faire ensuite. Si vous saviez seulement tout ce qu’ils proposent; de quoi rendre jaloux n’importe quel leader politique. Nos jeunes ne sont pas les «désintéressés du monde» que la rumeur laisse entendre. En une heure et demie, ils vont parfois enrayer la pauvreté extrême, changer leurs énergies de pétrole pour des énergies plus propres comme l’énergie éolienne, mettre en place des programmes sociaux pour l’éducation, se parler entre eux et s’entraider. Et vous, que ferez-vous aujourd’hui pour notre planète?
One Response
Robin Macdonald
01|Oct|2007 1I’m trying to contact Lori Palano from the organization listed above. Would you have an e-mail address for her that feels okay to share? Merci,
Robin
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