Anticosti : Une île de 8 000 km2. Dix-sept fois l’île de Montréal, 50 fois l’île d’Orléans. Un véritable terrain de jeux à l’état quasi sauvage situé en plein milieu du Golfe du Saint-Laurent. J’y ai passé environ 3 jours bien remplis dernièrement et je n’ai pas vu le dixième de ce que l’île a à offrir.

Jour 1 : J’atterris donc à Port-Menier le vendredi midi. Port-Menier est un petit village de près de 300 âmes qui doit son nom à Henri Menier, un riche chocolatier français qui acheta l’île complète pour 125 000$ en 1895. Un village, dis-je, exactement à l’image des villages nord côtiers (ou presque), très bien situé, une vue imprenable sur la mer, mais un urbanisme totalement dépourvu de charme.

Qu’à cela ne tienne, je suis sur l’île pour aller m’y « perdre » alors je vais me chercher une camionnette et je pars. Parce que oui, vu l’état des routes qui ne sont pas asphaltés dans l’île, la camionnette est le seul type de véhicule disponible. Malheureusement, une sous-compacte ne résisterait pas aux routes « anticostiennes ».

Premier arrêt, Pointe Carleton. Un joli phare à cinq minutes de route du camping où je vais passer la nuit. C’est aussi un bureau d’accueil pour la SÉPAQ. Après près de deux heures de route sur les chemins cahoteux de l’île l’arrêt est bon, j’ai même la chance d’y observer un petit renard argenté. En passant, on m’a bel et bien averti de surveiller mes souliers et mes sandales car paraît-il que ces renards se font un malin plaisir à nous les voler. Suite à cela, je monte ma tente au camping Wilcox, qui doit son nom au bateau qui s’y est échoué en 1953 suite à une beuverie à bord. L’épave y est toujours présente sur la plage et je m’installe de façon à pouvoir la contempler. Pendant que je prépare le feu de camp, un petit lièvre sort des buissons et fait semblant que je n’existe pas… Tant pis mec, j’avais des carottes!

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Jour 2 : La Chute Vauréal. J’adore les chutes, depuis quelques temps je me découvre une petite fascination pour ces merveilles de la nature. Je tiens donc absolument à voir la chute Vauréal qui tombe dans le canyon du même nom. J’ai le choix de me rendre au belvédère en camion mastodonte ou alors de marcher à l’intérieur du canyon pour m’y rendre. Un trajet d’environ 3 heures aller – retour. Je choisis le canyon. J’avais prévu marcher longuement dans l’eau donc j’ai opté pour les sandales… Ouch! Ce que je n’avais pas prévu par contre c’est que le trajet « hors ruisseau » se fait sur des grosses roches très instables. Je dois alors regarder attentivement le sol à chacun de mes pas afin de ne pas me tordre la cheville ou encore m’amputer les orteils. J’exagère, mais je dois être très vigilent, ce qui a pour conséquence de ralentir ma cadence. Note à moi-même : la prochaine fois mettre de gros bottillons ou encore opter pour la combinaison sandales - bonnes espadrilles. Je réussi tout de même à faire l’aller – retour en un peu plus de 3 heures (et ce en comptant le temps où je me suis arrêté pour contempler la chute) parce qu’au fond, je suis cool.

Trèves de plaisanteries, je mets le cap sur Baie-de-la-Tour où je vais camper pour la nuit. Tout près de mon camp, il y a un petit lac et il y a aussi un petit sentier qui mène tout droit à la plage de Baie-de-la-Tour qui donne directement sur la mer. Quelle plage! L’eau, bien qu’elle soit de couleur turquoise reste tout de même transparente et vient terminer sa course directement sur de charmants petits cailloux. Si on enlève la forêt boréale bondée de conifères qui l’entoure, on pourrait se croire dans les Caraïbes. Je m’y étends quelques minutes et me détends au son des vagues qui font cogner les roches entres elles.

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Jour 3 : Une fois le camp démonté et le camion bien rempli, je me dirige vers l’Anse-au-Sentier-Vert. Jusqu’à maintenant je me questionnais vraiment sur la pertinence d’un aussi gros camion. Oui, c’est vrai, la route trans-anticostienne n’est vraiment pas fait pour les automobiles, mais suis-je vraiment obligé d’avoir le plus gros des pick-up qui se fait sur le marché pour autant? Il me semble qu’un utilitaire sport ferait l’affaire. C’est rendu dans la petite route qui mène à l’Anse-au-Sentier-Vert que je comprends la nécessité de la bête. Le chemin fait à peine la largeur du camion et est excessivement accidenté. Je n’ai qu’un seul souhait durant ce trajet de 15 km, ne rencontrer personne en sens inverse. Pour le reste, je dois avouer que je trouve ça amusant de me faire brasser un peu.

Une fois arrivé à destination, je découvre une majestueuse baie. J’y vois pas moins de 4 à 5 pygargues à tête blanches juvéniles au ciel et quelques phoques qui se baignent dans l’eau. Mais en regardant plus attentivement au loin, je me rends compte que des dizaines de phoques se prélassent sur la plage ignorant totalement qu’une présence étrangère marche vers eux. Je réussis tant bien que mal à m’approcher à environ dix mètres avant qu’ils aient la frousse et se jettent à l’eau pour me fixer d’un regard interrogateur. Ils me regardent donc jusqu’à ce que décide de lever les pattes et de quitter. Certains d’entres eux décident même de me suivre. Ah si c’est mignon !

Sur le chemin du retour vers Port-Menier, je m’arrête à la chute Kalimazoo. Elle est incontestablement moins spectaculaire que la chute Vauréal, mais elle est tout de même des plus charmantes. Une chute en escalier qui donne sur un petit bassin. Elle n’est pas agressive du tout, elle est même plutôt douce, c’est un coin paradisiaque pour aller se baigner lors d’un après midi ensoleillé.

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Cet arrêt conclut donc mon périple sur l’île d’Anticosti. À la fin de mon voyage, la camionnette indique que j’ai parcouru près de 450 km sur l’île. Croyez-le ou non, comme je le mentionnais en guise d’intro, malgré un voyage bien rempli je n’ai même pas vu un dixième de ce que l’île a à offrir. Ce n’est que partie remise.

Voici quelques petites activités et détails que j’ai faits et qui ne sont pas mentionnés dans ce texte :

Grotte Patate : Pas trop loin du Camping Wilcox., une grotte contenant quelques salles dont une qui abrite un très vieux fossile (désolé je ne me souviens plus de l’âge exact, mais ça se compte minimum en frais de centaines de milliers d’années.)

Canyon Observation : Situé aussi dans les environs du Wilcox, le Canyon Observation nous permet de faire une randonnée aux abords du dit canyon ce qui donne un beau panorama.

Sentier des Télégraphes : Il est possible aussi de marcher tout en haut des parois de la plage de Baie-de-la-tour dans le sentier des Télégraphes. On y voit donc la plage de haut et on peut aussi y observer quelques autres baies.

Fossiles à la Chute Vauréal : Lors de la randonnée dans le Canyon Vauréal, qui mène à la chute du même nom, si vous êtes le moindrement attentifs vous trouverez de nombreux fossiles au sol. Pour la plupart ce sont de petits coquillages. Avis aux archéologues en herbes! Pour des raisons évidentes, il est toutefois interdit de les garder.

Dans la catégorie à savoir :

  • Si vous voyagez en avion, sachez que le nombre de bagages par personne est très restreint. Si vous prévoyez camper, votre linge, votre tente et votre sac de couchage devraient vous porter pas mal à la limite.
  • Il y a une petite coopérative d’alimentation à Port-Menier où vous trouverez amplement tout ce qu’il vous faut pour vous nourrir et vous faire des réserves d’eau potable.
  • Si vous désirez une glacière, renseignez-vous quant à savoir si vous pouvez louer ou emprunter une glacière. Chose que je n’ai pas pris le temps de faire et qui aurait contribué à m’offrir des meilleurs repas!
  • Magasinez très tôt pour la location d’une camionnette. Je m’y suis pris à la dernière minute et j’ai été pris avec la bête la plus chère. Bête qui soit dit en passant, n’offrait même pas de lecteur cd.
  • Sur l’île, il y a environ 166 000 cerfs de Virginie, donc soyez prudents sur les routes! Les camions ont beau être muni d’un grillage protecteur, reste que frapper un animal, ce n’est pas le fun.
  • Parlant chevreuils, dans le fin fond des bois, il est évident qu’il ne faut pas les nourrir. Cependant, au village de Port-Menier, les cerfs de Virginie agissent comme des animaux de compagnie. On les appelle, ils viennent. Un peu craintifs, oui, mais ils finissent par venir. Il est donc un peu plus acceptable de penser à les gâter.
  • Le site internet de SÉPAQ Anticosti est très peu détaillé. Il est donc impératif d’appeler pour avoir de l’information et/ou faire des réservations.